Grâce au QR code apposé sur chaque abri cofinancé par le programme Alvéole Plus, les usagères et usagers de stationnements vélos peuvent partager leur expérience. Leurs retours dessinent un bilan globalement positif, mais pointent aussi des axes d'amélioration concrets pour concevoir des stationnements toujours plus adaptés aux besoins réels des cyclistes.
Publié le 8 janvier 2026
Photo : ©Bartosch Salmanski
Parmi les conditions pour bénéficier du cofinancement Alvéole Plus, les porteurs de projet devaient apposer un sticker avec QR code sur leurs installations. Ce dispositif permet aux usagères et usagers de répondre à une enquête de satisfaction en ligne. L'objectif : recueillir des retours concrets sur l'usage au quotidien et vérifier que les critères du programme répondent bien aux besoins des cyclistes.
« L'enjeu de ce questionnaire, c'était aussi de valider les critères que nous avions mis en place pour obtenir la prime. De vérifier par l'usage si on allait dans la bonne direction », explique Alanne Maison, chargée de mission stationnement à la FUB, qui porte le programme Alvéole Plus.
Sur les 750 réponses complètes analysées, le constat est encourageant : 64 % des usagères et usagers se déclarent satisfait·es de leur stationnement, contre 20 % d'insatisfait·es et 16 % de neutres. L’enquête pointe cependant quelques irritants récurrents.
Premier enseignement majeur : le manque d'espace revient de façon constante dans les retours, quel que soit le profil des répondant·es.
« Il y a un enjeu d'optimisation de l'espace : l'intérêt des fournisseurs et parfois des porteurs de projets de stationnement, c'est de mettre un maximum de places dans très peu d'espace. Mais, on le voit dans les retours : les usagères et usagers ont besoin d’espace, d’autant plus que les vélos sont de plus en plus équipés - sacoches, porte-bagages, sièges enfants... », analyse Alanne Maison.
Ce constat pointe un enjeu plus large : la place accordée au stationnement vélo reste insuffisante par rapport au stationnement automobile. « Les cyclistes sont habitués à faire avec, à s'adapter. Mais ce n'est pas normal. Si on accordait plus de place au stationnement vélo, on rencontrerait moins ces problématiques », poursuit-elle.
Le guide du stationnement de la FUB recommande de prévoir une surface minimale de 1,5 m² par emplacement vélo, hors espace de dégagement. En stationnement perpendiculaire (en bataille), l'espacement entre deux places doit être d'au moins 75 cm, avec une profondeur de 2 m et une allée de circulation de 1,80 m. Ces dimensions permettent de stationner confortablement que l'abri soit vide ou plein, et d'accueillir des vélos équipés de sacoches ou de sièges enfants.
Deuxième enseignement : l'essor des vélos à grand gabarit (cargos, longtails, biporteurs) génère des tensions. En l'absence de places dédiées, leurs propriétaires sont parfois contraint·es d'occuper plusieurs emplacements standards, au détriment des autres usagères et usagers.
« Le fait de ne pas prévoir de places pour les vélos cargos ou en quantité insuffisante engendre des conflits d'usage », observe Alanne Maison. Une situation qui s'explique par un décalage entre l'évolution rapide des pratiques et la conception des projets : « La pratique va plus vite que la réglementation. Les porteurs de projets ont parfois pensé qu'un même équipement pouvait convenir à tous les types de vélos, alors qu'un vélo cargo demande un espace et une logique de circulation différents. »
Le guide du stationnement de la FUB recommande ainsi un ratio d'une place vélo cargo pour dix vélos standards.
Troisième point saillant : les supports double étage concentrent une part importante des retours négatifs. 76 % des usagères et usagers concerné·es se déclarent insatisfait·es du système de sécurisation, contre seulement 15 % de satisfait·es.
Les griefs sont multiples : impossibilité d'attacher correctement cadre et roue, manque de hauteur entre les étages, difficultés de manipulation pour les vélos électriques ou équipés, et même des risques de blessures.
« Le système double étage est adapté pour des vélos standards et pour certains usages précis : du stockage longue durée en gare ou dans l'habitat collectif par exemple. Mais dès que l’usage est quotidien avec des vélos électriques ou des sièges enfants par exemple, ça ne fonctionne plus », précise Alanne Maison.
Elle recommande aux porteurs de projet de diversifier les types de supports : « Dans certains cas, il peut être intéressant de coupler du double étage pour une partie du stationnement avec des arceaux de plain-pied, pour donner le choix aux usagères et usagers. Mais, en premier choix, l'arceau reste le support le plus simple, intuitif et adapté au plus grand nombre. »
Ces enseignements viennent globalement confirmer les intuitions de l'équipe Alvéole Plus et légitimer les recommandations du guide du stationnement de la FUB. Ils permettent aussi de porter la voix des usagères et usagers auprès des concepteurs et des porteurs de projet.
« L'enquête apporte une légitimité : on peut dire aux fournisseurs et aux porteurs de projet “regardez ce que disent les usagers”. C'est une manière de porter leur voix », souligne Alanne Maison.
Et de conclure sur une réflexion plus large : « On intériorise certaines contraintes en tant que cycliste : le manque de place, le fait de se cogner ou de se contorsionner pour stationner son vélo. Mais ce n'est pas une fatalité. En concevant des stationnements plus accessibles et inclusifs, tout le monde y gagne, y compris les personnes les plus à l'aise avec leur vélo. Et on favorise l’usage du vélo au quotidien. »
Pour éviter les principaux irritants remontés par les usagères et usagers :
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